Cryptomonnaie:pas une alternative viable pour les pays africains (Eric ELOUNDOU )
- Admin
- 4 mai 2022
- 2 min de lecture

La cryptomonnaie est une forme de monnaie qui échappe totalement au contrôle des autorités monétaires et donc des pouvoirs publics, compte tenu de son caractère novateur et des contraintes technologiques qu'elle impose pour son émission, sa gestion et son contrôle. On peut donc comprendre la volonté et l'engouement de ceux qui souscrivent à cette monnaie, motivés pour certains par l’appât du gain et pour d’autres un esprit de révolte et de résistance face à ce qu’ils considèrent comme une domination, voire un abus de pouvoir de la part des autorités monétaires, qui limitent de fait la liberté de commercer ou d’effectuer diverses transactions financières à travers le monde.
Malheureusement, cette démarche ouvre la porte à toutes sortes d’abus et d’activités illicites, dès lors que le principe même de l’autorité et donc de la garantie des droits des uns et des autres est bafoué. Pour contrer ce mouvement aux tendances anarchiques, certains pays, comme la Chine et le Venezuela, ont créé eux-mêmes, à travers leur banque centrale, leur propre cryptomonnaie. Dans le cas de la Chine, il s'agit du e-yuan, dont les autorités font la promotion, d’une part pour faire face à la concurrence des plateformes offrant la cryptomonnaie décentralisée ; et d’autre part, anticiper les conséquences néfastes que pourraient entraîner de telles activités sur les plans stratégique, socio-politique, économique et financier.Le e-yuan doit remplacer le yuan, la devise nationale chinoise, sous sa forme physique, en sachant que contrairement à la cryptomonnaie décentralisée, les deux monnaies conservent la même fonction.
La cryptomonnaie ne constitue pas une alternative viable pour les pays africains, dans le contexte actuel, et encore moins une alternative au FCFA. Quand bien même cela aurait été opportun, on pourrait envisager le e-CFA, comme en Chine, car la problématique de la monnaie ne repose pas tant sur son historique ou sa dénomination. C’est davantage le poids économique qu’elle représente à travers les transactions qu’elle nourrit, qui détermine sa valeur et son impact géopolitique. En l’occurrence, le défi majeur de tous les pays de la zone franc, reste la transformation structurelle des économies, à travers la densification des activités productrices et l’industrialisation.
Eric ELOUNDOU NGAH
Directeur Général du CABINET ELESYST & administrateur indépendant auprès de la Banque Camerounaise des PME et administrateur du Groupement patronal Entreprises du Cameroun (E.CAM). Il a travaillé comme cadre de banque auprès du Crédit Lyonnais Cameroun entre 2000 et 2005. Chargé de cours d’Analyse Financière en Master Banque et Finance de l’UCAC, niveau I et II, depuis 2009.



Commentaires