Des pistes pour un travail des députés plus efficace ( Pr Joël MEYOLO)
- Admin
- 14 août 2022
- 2 min de lecture

La première des solutions à apporter est de renforcer le code électoral en intégrant clairement comme incompatible à la qualité de parlementaire, les fonctions de chef et ou de membre de conseil d’administration d’une entreprise. La dernière actualité mettant au-devant de la scène une élue du peuple, montre combien de fois il est difficile de dissocier le chef d’entreprise au député. La visite rendue au Ministre de la Santé a certainement été facilitée par la casquette parlementaire. Ce sont de mon point de vue des attitudes qui ont pour seul conséquence palpable, l’affaiblissement du pouvoir législatif qui voit ses dépositaires se transformer en agents commerciaux, plus soucieux de la bonne santé de leurs affaires que de sa propre vitalité.
Le deuxième axe des solutions est relatif aux micro-projets. L’histoire de ceux-ci renseigne qu’ils sont des deniers publics. Il serait par conséquent nécessaire que des comptes soient rendus au sujet de leur utilisation. La colère du Président de l’Assemblée Nationale découverte dans une vidéo devenue virale, est grandement justifiée car de tout point de vue, l’argent qui est donné, selon la nomenclature, est destiné au financement des projets. Le fait que le Chef de l’Institution lui-même dénonce l’énorme fossé entre les raisons de l’octroi annuel de ces sommes d’argent et leur usage, montre combien de fois il est impérieux d’une réforme soit faite à ce niveau. Ceci est d’autant plus urgent que l’on se rend bien compte que l’argent perçu dans ce cadre s’apparente plus à des sortes de récompenses politiques. Ce qui amène à se poser la question légitime de l’existence d’une telle pratique dans un contexte de décentralisation où le maitre mot est la promotion du développement local, porté par les Collectivités Territoriale Décentralisées. On pourrait donc supprimer cette cagnotte de plus d’un milliard de francs CFAD et la transférer aux CTD.
Au-dessus de ces solutions, il est important de lutter contre l’absentéisme des députés et corolairement leur oisiveté. Je l’ai dit à l’occasion du 27ème acte du meyolisme, la réorganisation des sessions parlementaires en vue d’augmenter le temps de travail est un impératif catégorique. Huit ou neuf mois de travail par an au lieu de trois actuellement, ne ferait que du bien aux parlementaires qui se sentiront véritablement investis de pouvoir. Sans doute que cela les mettra plus en confiance. Sans pour autant éviter certains errements sous fond de recherche des parts de marché, l’option d’un réajustement de la durée des sessions contribuera efficacement à occuper les parlementaires. Cette réforme implique naturellement l’exigence de la création des cabinets parlementaires qui doit être inscrite dans la loi. La rémunération de ces importants instruments de travail pourra être supporté par la Chambre sous réserve de leur dynamisme.
Ces réformes pourront à mon sens permettre à la Chambre de gagner en efficacité et donnera plus d’assurance aux parlementaire parfois victimes de leur refus de réformes, car davantage soucieux de tirer profit d’un système qui leur est foncièrement avantageux.
Pr Joël MEYOLO
Historien



Commentaires